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BIG-forum.fr > Roman et similaires > Roman > Le récit d'une aventure intérieure
 

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Forum Roman michelanvers
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Le récit d'une aventure intérieure
   de michelanvers le 6/6/2009 à 9:58:58

 
Bonjour,
Pour vous inciter à visiter le blog sur lequel je publie, sous forme de feuilleton, la première partie du roman "Epousailles", en voici, ci-dessous, les deux premiers épisodes.
"Epousailles" est le récit romancé de ma propre "aventure intérieure". Pour être informés par mail de la publication de chaque nouvel épisode, abonnez-vous à la "newsletter", sur le blog.
Bonne lecture et merci de votre prochaine visite sur :
epousailles.over-blog.com

PROLOGUE
L'été touchait à sa fin. Il semblait pourtant bien décidé, avant de s'effacer, à donner le meilleur de lui-même. La brise agitait légèrement le feuillage du grand noyer. La nuit était claire et tiède. La surface de la piscine tremblait à peine. Le monde dormait paisiblement, alentour, bercé par le chuchotement incessant des grillons.
Marc aurait payé cher, vingt ans auparavant, pour obtenir l'assurance d'atteindre un jour un tel calme, un tel équilibre, une telle sécurité. Il en avait rêvé. Il y était parvenu.
La bière qu'il sirotait, installé dans l'un des fauteuils en teck, sur la terrasse s'ouvrant sur une pelouse parfaite, verte et rase, cette bière avait pourtant un goût amer, tout comme le fin cigare qui se consumait entre ses doigts. Marc fumait trop. Il buvait trop. Trop de bière et trop de café.
Il n'avait pas eu le temps de jouir de son bien-être. Il n'avait pas compris. Rien vu venir. La quarantaine approchait et tout ce qu'il avait construit, à la force du poignet – et Dieu sait qu'il lui avait fallu puiser au plus profond de ses ressources – tout était sur le point de s'écrouler.
Pourquoi ? Comment diable avaient-ils pu en arriver là ?

PREMIERE PARTIE : DEUX

1
Il l'avait rencontrée au lycée. En terminale.
Jusque là, ses études l'avaient profondément ennuyé. C'était un solitaire. Il ne comprenait pas ce qui pouvait justifier la fougue de ses camarades, leur apparente joie de vivre. Chaque jour imitait le précédent. Il aurait pourtant souhaité s'enthousiasmer – c'était de son âge, disait-on – mais rien ne parvenait à fixer durablement son attention. Une espèce de vide sidéral. Jusqu'à l'arrivée du "Martien".
Le surnom n'avait rien d'original – du niveau de ceux qui le lui avaient attribué. Marc devait être le seul à ne pas avoir raillé le garçon, lorsqu'il avait débarqué dans leur classe. Le seul dont la curiosité avait été plus forte que la tentation du rejet.
Il fallait reconnaître que le gars n'avait pas fait dans la dentelle. Arriver en classe, pour son premier jour, vêtu d'une sorte de combinaison spatiale, décorée de diodes clignotantes, ne constituait pas le meilleur moyen d'assurer son intégration ! C'était une petite ville. Les plus originaux des lycéens osaient à peine les cheveux longs et les longues écharpes de laine. Les garçons, pour la plupart, étaient du genre à comparer leur virilité, sur le terrain ou dans les vestiaires du club de rugby de l'établissement. Plus tard, ils se paieraient le 4x4 le plus gros du marché, noir avec des vitres teintées.


"Épousailles", roman initiatique, 2ème épisode.


Marc portait les cheveux longs et de longues écharpes en laine.
Le Martien se nommait Jean-Michel Blanc, ce qui, il fallait en convenir, était assez décevant. Il avait donc été la cible de toutes sortes de quolibets, les premiers jours, puis les choses s'étaient rapidement calmées.
D'abord parce que, stoïque, rien, ou plus rien, n'avait semblé pouvoir l'atteindre. Il traversait la vie au lycée comme s'il n'avait pas été vraiment là. Comme si l'essentiel, il l'avait vécu ailleurs. Comme si sa présence n'avait été que superficielle.
Ses premiers mots, c'est en cours de philosophie qu'on l'avait entendu les prononcer. Jusque là, la philo n'intéressait personne. Au début de l'année, pourtant, Marc avait cru pouvoir en espérer une nette amélioration de sa relation aux études et au savoir. Les questions que posait le prof n'étaient pas dénuées d'intérêt, avait-il pensé, malgré les regards bovins qu'elles semblaient susciter chez bon nombre de ses camarades. Malheureusement, les réponses proposées avaient rapidement renvoyé Marc à sa somnolence. D'où le Martien l'avait à nouveau fait émerger.
Le professeur n'avait manifestement pas été préparé à l'éventualité de la présence, dans son cours, d'un élève capable de débattre avec lui, tout en exposant des points de vue argumentés de références à des auteurs dont, visiblement, il soupçonnait à peine l'existence. Il en avait été d'emblée légèrement déstabilisé, d'autant que notre extra-terrestre usait d'un ton professoral, qui l'avait posé comme un authentique rival, et semblait en capacité de répondre à chacun des contre arguments que le prof avait tenté de sortir de son chapeau.
Le combat avait rapidement cessé. Après quelques semaines, le professeur entrait en cours avec des allures de chien battu, redoutant à chaque phrase la fatalité d'une intervention du seul élève réellement attentif à son propos. Il aurait préféré –lui qui n'avait cessé, durant toute sa longue carrière, de se plaindre de l'inexistence de la moindre trace de motivation, ou d'un simple embryon de capacité de réflexion, chez ses élèves- que les choses rentrent dans l'ordre. Chaque cours tournait, pour lui, à la débandade, tant les connaissances et le culot de l'élève Jean-Michel Blanc paraissaient de taille à ne lui laisser aucune chance.
Les théories qu'avançait le Martien, personne, dans la classe, bien entendu, ne savait d'où elles provenaient, et chacun s'en moquait d'ailleurs éperdument, Marc autant que les autres. L'essentiel, c'était le spectacle offert par un élève contestant systématiquement, froidement, les affirmations d'un prof –c'était une petite ville- à l'aide de phrases incompréhensibles qui, à elles seules, justifiaient un surcroît d'attention.
A la longue, l'assurance dont Jean-Michel faisait preuve, à ces moments-là, lui avait fait gagner, faute d'une reconnaissance véritable, une sorte de respect craintif, son comportement énigmatique semblant suggérer, à tous les leaders de la classe, la possibilité d'avoir affaire à une sorte de sorcier moderne, dont il était préférable de ne pas risquer d'attirer les foudres. On le laissait tranquille.
Marc, lui, l'observait. Ça remplissait agréablement ses journées.

 

En cette époque d`effondrement des approches dogmatiques, de multiples `voies de sagesse` apparaissent. m.anvers présente, sous forme de roman, celle que la vie a déroulée sous ses pas. voir son blog.
 

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   de michelanvers le 11/6/2009 à 10:05:45

 
Bonjour,
Voici les deux épisodes suivants de "Epousailles". La suite est en ligne sur mon blog.
Bonne lecture et merci de votre prochaine visite sur :
epousailles.over-blog.com

"Épousailles", roman initiatique, 3ème épisode.

Il l'observait en classe. Il l'observait également dans la cour, pendant les interclasses. Car si aucun des élèves de la terminale scientifique, que Marc fréquentait, n'aurait sérieusement pu envisager d'adresser la parole à un si étrange étranger, le Martien avait réussi à trouver son public, parmi les élèves de la classe littéraire. Et Marc s'intéressait plus encore au public qu'à l'orateur
Elle répondait au doux prénom de Jeanne. Un prénom désuet, qu'elle portait merveilleusement, à son avis. Marc l'avait repérée bien longtemps avant l'arrivée de Jean-Michel. Et s'il n'avait jamais osé l'aborder, il avait patiemment réussi à rassembler un certain nombre de renseignements, à son sujet.
Jeanne était l'unique représentante de la dernière génération d'une famille très honorablement connue, dans la région. Elle habitait une spacieuse demeure, au fond d'un grand parc précieusement arboré, sur les hauteurs d'un village voisin, que les grands bourgeois de la ville avaient peu à peu colonisé.
Marc aurait été incapable de dire de quoi vivaient ses parents, ni d'où ils tiraient leur richesse. Sans doute leurs ancêtres avaient-ils trimé dans les champs, avant que l'un d'entre eux ne vende, au moment opportun, ses terres arides, devenues soudain de vraies mines d'or, par la grâce imprévue d'une rapide urbanisation, et de la spéculation immobilière qui avait suivi.
Marc, quant à lui, n'avait pas à se plaindre. Parti du bas de l'échelle, son père avait gravi, un à un, les échelons de son administration, parvenant même, malgré le lourd handicap qu'avait représenté son manque de diplômes, à s'élever jusqu'à la fonction prisée d'Ingénieur des Ponts et Chaussées.
Sa mère ne travaillait pas. Elle les avait élevés, sa sœur et lui, dans une certaine rigueur économique dont ils ne s'étaient jamais plaints. Ils ne manquaient de rien –comme on dit.
Jeanne, elle, jouait au tennis. Il la voyait, chaque mercredi, après les cours, lorsqu'il repartait à pied du réfectoire, pour rentrer chez lui. Passer devant les courts n'imposait qu'un léger allongement du chemin.
Jeanne avait créé, avec quelques camarades littéraires, une troupe de théâtre. Marc avait assisté à la représentation de leur dernière création. Il n'avait pas tout compris, mais il était resté jusqu'à la fin.
Jeanne s'habillait d'amples et légers vêtements de couleurs chaudes, qu'elle portait avec une délicatesse dont Marc ne se lassait pas.
Marc n'avait jamais osé, ni même envisagé, adresser la parole à Jeanne. Sans le soudain intérêt qu'il avait nourri pour le théâtre, peut-être n'aurait-il d'ailleurs jamais entendu le ton précieux de sa voix.
Jeanne était sacrée. Jeanne était inaccessible. Et voilà qu'une espèce de scaphandrier de l'espace, tombé on ne savait d'où –pas particulièrement gâté, de surcroît, par la nature- l'avait abordée du jour au lendemain, sans préambule, ni aucune précaution apparente. Et voilà que Jeanne semblait subjuguée, littéralement hypnotisée par un discours, que la distance de sécurité que Marc laissait, entre lui et eux, ne lui permettait en rien de deviner, mais qu'il voyait le Martien ponctuer de gestes lents et fermes, comme pour bien souligner, semblait-il, sa logique irréfutable, pour bien faire entrer tout ça dans la tête de son auditrice.
Marc en avait fini par se demander si, effectivement, J.M. (Jean-Michel ou Jean le Martien) ne disposait pas d'un pouvoir réel. Et si c'était le cas, il aurait bien donné son écharpe, contre une initiation, compte tenu du bénéfice inestimable qu'il pouvait espérer en tirer.

"Épousailles", roman initiatique, 4ème épisode.

Marc n'était pas laid, il pouvait même, selon les jours, s'attribuer lui-même un certain charme. Certaines filles ne l'avaient d'ailleurs pas repoussé, en leur temps. Mais Marc n'avait rien à dire. Ni au sujet du rugby, ou des motos, ou du dernier film à la mode, ni même au sujet d'une quelconque théorie philosophique. Auprès de Jeanne, Marc n'aurait jamais la moindre chance. A moins de trouver moyen de percer le secret du Martien.
L'heure de Marc sonna un matin, à l'issue d'un cours de philo. Ce jour-là, le prof s'était mis en tête d'initier sa classe au monde nébuleux de la psychanalyse.
Même un fils d'ingénieur des Ponts et Chaussées avait entendu parler de Freud. Ne serait-ce que lorsque son père, affalé dans son divan élimé jusqu'à la trame, s'exclamait en sommeillant, devant un reportage qui y faisait plus ou moins allusion, que "les plus fous ne sont pas ceux qu'on croit !". Mais Marc n'en savait pas beaucoup plus.
Pourtant, quelque chose lui disait que ces "foutaises" et autres "âneries pour intellectuels désœuvrés" avaient quelques chances de l'extraire un jour de cette espèce de torpeur, de désintérêt pour la vie, qu'il ressentait en permanence, au lycée comme chez lui, et qui finissait par l'inquiéter, lorsqu'il la comparait à l'énergie débordante de ses camarades, capables de s'enthousiasmer pour des futilités qui le laissaient sans voix, voire même avec celle de son propre père, que ses activités professionnelles, dont Marc ne connaissait d'ailleurs aucun détail, semblaient combler.
Les gens n'intéressaient pas Marc, hormis quelques exceptions féminines. Leurs préoccupations ne le préoccupaient pas. Mais Marc s'intéressait à l'âme humaine. Il ne parvenait pas lui-même à comprendre ce paradoxe. Peut-être, avait-il fini par conclure, ne s'intéressait-il qu'à sa propre petite personne, mais d'une manière qui lui semblait rejoindre l'Universel, sans qu'il puisse s'expliquer par quel mystère.
Le prof parlait donc de Freud. Et JM avait demandé la parole, que le prof lui avait cédée en soupirant. JM s'était alors lancé dans un exposé détaillé des chamailleries qui avaient opposé, à une époque, Freud à Jung. Carl Gustav Jung.
Marc n'avait jamais entendu ce nom, et il s'apprêtait déjà à l'oublier. Mais la suite avait retenu son attention. D'après JM, ce Jung avait développé toute une théorie, s'appuyant sur l'existence d'un inconscient collectif, sorte de sous bassement universel, dans lequel les racines de chaque être humain s'ancraient, et dont certains éléments pouvaient surgir sans prévenir, parfois, dans les rêves en particulier.
Marc avait senti confusément qu'on touchait là à une conception du monde radicalement différente de celle qu'il subissait au quotidien, depuis sa naissance. Une porte, dont il n'aurait jamais osé soupçonner l'existence, était peut-être sur le point de s'ouvrir devant lui, qui pouvait radicalement transformer son approche de la vie.
A la fin du cours, comme le prof rangeait ses cahiers, les yeux baissés, les épaules lourdes du poids de l'échec et de la honte, Marc s'était précipité à la suite de JM, et l'avait abordé dans le couloir. Ses paroles l'avaient sérieusement ébranlé. Il souhaitait sincèrement en savoir un peu plus.
Marc n'avait pu se dissimuler à lui-même qu'il y voyait, avant tout, une occasion inespérée de se rapprocher indirectement de la belle et douce Jeanne, de s'extraire pour elle du magma sans intérêt des lycéens scientifiques. Une chance, que la vie lui attribuait enfin, et qu'il était bien décidé à saisir au vol.

 

En cette époque d`effondrement des approches dogmatiques, de multiples `voies de sagesse` apparaissent. m.anvers présente, sous forme de roman, celle que la vie a déroulée sous ses pas. voir son blog.
 

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Forum Roman Michel Anvers [anonyme]
   de Michel Anvers [anonyme] le 18/6/2009 à 9:55:08

 
Bonjour,
Voici l'épisode suivant de "Epousailles". La suite est en ligne sur mon blog.
Bonne lecture et merci de votre prochaine visite sur :
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"Épousailles", roman initiatique, 5ème épisode.

JM ne s'était pas fait prier. Étaler ses connaissances, devant un public conquis d'avance, le comblait visiblement tout autant que ses joutes verbales avec le prof de philo. Il avait repris ses explications au sujet du fameux "Inconscient collectif", et complété son discours en abordant, à sa manière, la notion de "coïncidence signifiante".
Une coïncidence, avait-il expliqué, c'était lorsque deux évènements, n'ayant aucun rapport entre eux, qu'aucune logique ne pouvait relier, se déroulaient au même moment. La plupart du temps, les gens n'y prêtaient que peu d'attention. On notait et on laissait tomber. On oubliait.
Mais parfois, la coïncidence était si troublante qu'il n'était pas si facile de faire comme si rien n'était arrivé. La surprise, le choc, pouvaient alors nous pousser à nous pencher sur quelque chose qui, sans ce concours de circonstances, serait resté dans le secret de l'inconscient.
Jung avait constaté, entre autres choses, que des personnes, n'ayant aucun rapport entre elles, pouvaient, à des instants proches, vivre des évènements qui coïncidaient. Pour lui, c'était l'annonce de l'émergence, dans la conscience, collective ou individuelle, d'un élément de l'inconscient collectif. Et s'intéresser à cet élément, chercher à le découvrir, à l'extraire de sa gangue, était du plus grand intérêt. L'individu, ou la collectivité concernée, pouvaient en être salutairement éclairés.
JM parlait effectivement comme un prof ! Il avait ponctué son discours des mêmes gestes que ceux que Marc avait observés, lorsqu'il parlait à Jeanne. Marc suivait tant bien que mal, mais il n'avait pas dû parvenir à camoufler complètement ses efforts pour ne pas décrocher, car JM avait poursuivi, de manière plus concrète :
- Lorsque tu es en présence de quelqu'un, il peut t'arriver de percevoir une image, une pensée, un sentiment. Tu peux te contenter de les repousser dans ton inconscient, comme s'ils ne pouvaient que troubler ta communication avec l'autre. Votre discussion se poursuit alors sur un plan de conscience banal. Mais si, au contraire, tu portes toute ton attention sur cette image, cette pensée, ce sentiment, que tu considères d'emblée qu'il peut s'agir d'un élément d'une coïncidence signifiante, et qu'il y a donc de fortes chances pour que cet élément concerne autant la personne avec qui tu parles que toi-même, il t'est possible, alors, d'élever votre communication sur un plan supérieur. A condition, bien sûr, d'oser exprimer ton intuition, car c'est d'intuition qu'il s'agit. C'est de cette manière que je cherche moi-même à communiquer. Et je peux t'assurer que ma vie ne se déroule plus, depuis que je m'y astreins, sur le plan banal dans lequel végètent la plupart de nos chers camarades de classe. Et, si je me fie, ici, à mon intuition, je pense pouvoir affirmer que tu comprends très bien de quoi je veux parler !
Marc voyait ! Il n'était pas persuadé que Jung lui-même ait été à l'origine d'une telle interprétation, mais il sentait que JM abordait là quelque chose qui le touchait, qui l'intéressait au plus haut point. Quelque chose qui pouvait même constituer le remède radical contre son mutisme chronique !
Avant même d'avoir l'opportunité d'y regarder de plus près, Marc avait alors fait l'expérience d'une coïncidence extrêmement signifiante, à son avis. Lui qui n'avait en tête que l'espoir de parvenir un jour à entrer en contact avec Jeanne, et qui avait sauté sur l'occasion que lui fournissait le discours de JM – n'en espérant toutefois que de lointaines et aléatoires conséquences - était, en effet, resté muet de surprise, lorsque JM avait clos leur discussion en le conviant à venir rencontrer "des gens, qui partageaient avec lui cette manière de vivre et de communiquer". Ils organisaient une petite fête, le samedi suivant. JM avait, d'ailleurs, invité également une autre élève du lycée. Une littéraire.
- Si ça te dit…
 

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Forum Roman Michel Anvers [anonyme]
   de Michel Anvers [anonyme] le 15/7/2009 à 18:39:45

 
Bonjour,
Voici l'épisode suivant de "Epousailles". La suite est en ligne sur mon blog.
Bonne lecture et merci de votre prochaine visite sur :
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"Épousailles", roman initiatique, 6ème épisode.

Ce soir-là, Marc avait eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. Il avait mieux compris le trouble profond, dont Jeanne elle-même semblait être affectée, lorsqu'il les observait de loin, elle et JM. Incontestablement, une discussion avec ce type n'était pas un évènement commun.
Son cerveau s'était mis à tourner à plein régime. Il n'en avait pas fréquemment l'occasion. C'était cette histoire d'image, ou de sentiment, qu'on pouvait voir ou ressentir face à certaines personnes, qui travaillait en lui. Combien de fois lui était-ce arrivé ? Combien de fois avait-il pensé que quelque chose ne tournait pas rond dans sa tête, et s'était-il tu ?
JM, lui, plutôt que de se frapper la poitrine, aurait adhéré pleinement au phénomène. Rien, après tout, ne pouvait empêcher Marc, désormais, d'en faire autant lui-même !
Marc n'avait jamais rien à dire aux autres. Certains lui avaient même attribué le surnom de "l'ours". Et si, à y regarder de plus près, tout ça n'avait reposé que sur un malentendu ? Marc avait, en fait, bien des choses à dire, mais pas ce que la quasi-unanimité des gens qu'il fréquentait était prête à entendre.
Et si, à partir de cet instant, il décidait d'exprimer, à l'instar de JM, tout ce qui lui passait par la tête ? On le prendrait globalement pour un fou mais, vu que c'était déjà pratiquement le cas, il n'avait pas grand-chose à y perdre. Par contre, certains – ou certaines - seraient peut-être amenés à s'intéresser un peu plus à sa personne…
JM disposait d'un talent certain de beau parleur, Marc venait de le constater. Mais tout en l'écoutant, une partie de son cerveau avait jugé, comparé. JM parlait bien, mais avec une certaine lourdeur, une certaine rigidité. Ces gestes froids et cassants, qui accompagnaient ses paroles, avaient mis Marc mal à l'aise.
Or, la rigidité se mariait mal avec l'intuition. On pouvait faire mieux… Marc aurait pu faire mieux !
Et pendant une partie de la nuit, il s'était imaginé face à Jeanne, exprimant des talents insoupçonnés d'orateur, laissant libre cours à son intuition. Et Jeanne succombait peu à peu à son charme, le découvrant beaucoup plus irrésistible encore que JM.
La suite de son fantasme nocturne s'était effacée dans les brumes du sommeil, mais au matin, s'il avait eu quelques difficultés à émerger, il s'était senti plein d'un enthousiasme neuf et inconnu. Une nouvelle vie commençait. Il suffisait de convaincre ses parents de l'autoriser à se rendre à la fête à laquelle JM l'avait convié, ce qui ne poserait aucun problème, à son avis, tant ils semblaient désespérés de voir leur fils passer tout son temps libre à traîner oisivement dans la maison.

2

Le temps avait passé très vite, jusqu'au samedi soir tant attendu. Les parents de Marc n'avaient posé aucune question, de peur que la moindre remarque ne le décourage. La fête devait se dérouler à une quarantaine de kilomètres de là, ce qui les avait un peu surpris, mais ils avaient finalement accepté d'y conduire leur fils, qui s'était engagé à dormir sur place et à rentrer, par ses propres moyens, avant le dimanche soir.
Le nombre impressionnant de voitures bariolées, garées à proximité d'une espèce d'immense dôme de toile, avait bien provoqué quelques remarques, lorsque son père avait déposé Marc – "Où est-ce qu'on est tombé là ?" - mais sans conséquence autre qu'un traditionnel "Sois prudent, tout de même !"
Il s'agissait d'un dôme gonflable, comme Marc n'aurait jamais imaginé qu'il pouvait en exister. Tout semblait décidément possible à ces gens-là. Un système sophistiqué de soufflerie et de sas, permettait à la toile de se maintenir en tension.
Des peintures futuristes décoraient la partie basse de la "construction". On pouvait y voir un certain nombre d'êtres aux crânes rasés, se tenant à côté de vaisseaux spatiaux en forme de soucoupes, diffusant des lumières de toutes couleurs. Les extra-terrestres – car c'en étaient de véritables représentations, pour le coup - semblaient s'avancer vers les visiteurs, dans leurs combinaisons en tous points comparables à celle dont JM était le plus souvent vêtu. Leurs visages paraissaient engageants, leurs mains, dont Marc n'avait pas songé à compter les doigts, faisaient mine d'inviter les nouveaux arrivants à pénétrer sous le dôme, dont la forme était censée, si Marc avait bien compris, reproduire celle des vaisseaux spatiaux. Au-dessus de l'entrée, en lettres lumineuses, on pouvait lire "New-Age".
 

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   de michelanvers le 29/7/2009 à 15:55:02

 
Bonjour,
Pour vous inciter à visiter le blog sur lequel je publie, sous forme de feuilleton, la première partie du roman "Epousailles", en voici, ci-dessous, le septième épisode.
"Epousailles" est le récit romancé de ma propre "aventure intérieure". Pour être informés par mail de la publication de chaque nouvel épisode, abonnez-vous à la "newsletter", sur le blog.
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Marc s'était approché lentement, croisant des grappes d'invités souriants, tenant en main des verres de jus de fruits. L'alcool et le tabac semblaient exclus. Ses parents s'en seraient félicités.
Pour la plupart, les garçons, dont certains avaient largement dépassé la vingtaine, voire peut-être la trentaine d'années, portaient des combinaisons, parfois surmontées de cols relevés. Leurs longs cheveux tombaient sur leurs épaules, quand ils n'avaient pas le crâne rasé. Certains étaient chaussés de boots d'un blanc lumineux.
Les filles semblaient tout droit sorties de contes futuristes. Quelques unes "clignotaient comme des sapins de Noël", se serait sans doute exclamé son père. Des broches d'argent représentant des fées ailées, équipées de diodes, décoraient la plupart des combinaisons. Le blanc semblait de rigueur.
Marc s'était senti un tout petit peu décalé, légèrement "largué", dans son pull tombant jusqu'aux genoux, couvrant un jean savamment usé et rapiécé. La mode hippie lui avait soudain paru irrémédiablement dépassée. Il avait alors subi une légère poussée de doute, au sujet des chances de succès d'une éventuelle rencontre avec Jeanne.
Quelques mots avaient accroché ses oreilles au passage. On parlait "d'ère du Verseau", de communautés, de méditation, de télépathie, "d'énergie positive". Marc commençait à se demander s'il ne s'était pas vu un peu trop beau, si sa simple intuition n'allait pas s'avérer un peu pauvre, comparée aux discours élaborés, tenus par une telle bande de déjantés.
L'apparition de JM, s'avançant tout sourire vers lui, les bras ouverts en signe de bienvenue, l'avait aussitôt rassuré, d'autant que, derrière lui, suivait une Jeanne qui semblait tout aussi désorientée que lui. Il n'aurait même pas juré ne l'avoir pas sentie rassérénée elle-même, à la vue de quelqu'un de "normal", quelqu'un qui n'avait pas encore quitté l'ère du Poisson.
- Tu connais Jeanne ?
Ils s'étaient embrassés poliment, et elle avait engagé la conversation, pendant que JM était parti en quête d'un verre de jus d'orange pour Marc.
Tout, ensuite, s'était déroulé exactement comme il l'avait imaginé.
Sous le dôme futuriste, JM et ses compagnons extra-terrestres, transportés par les sonorités improbables de la musique synthétique d'un groupe de voyageurs intersidéraux, s'étaient lancés dans une sorte de danse rituelle, les bras en croix, les yeux clos et un sourire béat aux lèvres. Jeanne avait préféré rester un peu à l'écart de la communauté planante et Marc, discernant là une claire incitation à poursuivre leur conversation, ne l'avait pas lâchée d'une semelle.
Cet instant, il l'avait préparé avec une telle minutie, une telle détermination, que rien n'aurait pu le faire dévier. C'était tout son avenir qui se jouait. Le vieux Marc devait disparaître là, sans délai, pour laisser place au nouveau. Le vaisseau multicolore de l'Ère Nouvelle ne le laisserait pas sur le bord de la voie !

Les choses s'était ensuite nettement accélérées. En quelques semaines, Marc avait assimilé l'essentiel de la théorie de ses nouveaux amis. Les extra-terrestres, sur le point de transmettre à l'humanité un savoir nouveau. Le choix, qui se présentait à chaque être humain, en ces temps de passage, entre l'ancien et le nouveau monde. Les bouleversements profonds qui se produiraient, pour ceux qui auraient osé l'aventure. Un nouveau mode de vie, débarrassé des contraintes morales, liées à un plan de conscience dont cette élite de l'humanité était sur le point de s'affranchir. Une révolution dans les modes de communication. L'accession à une ère de paix, de sérénité et de liberté.
Les moyens de s'élever jusqu'à ce nouvel éden, JM les lui avait progressivement détaillés, encouragé en cela par l'enthousiasme dont Marc avait fait preuve. La foi en son intuition constituait, conformément à ce que JM avait déjà expliqué, la condition première. Suivait l'écoute attentive de tous les signes que la Vie envoyait, dans le quotidien de chacun. Puis la totale spontanéité dans la communication avec les autres.
Tout ce qui venait à l'esprit devait être exprimé, sans réserve. Un tri s'effectuerait rapidement, parmi les relations du nouvel initié, entre ceux qui entendaient, et ceux qui n'en avaient pas la capacité. Ceux-là devaient être respectés pour ce qu'ils étaient – de pauvres laissés pour compte, en réalité - mais il deviendrait rapidement nécessaire de se tenir éloigné de leurs énergies négatives, qui risqueraient, sinon, de replonger le novice dans des zones de trop forte densité énergétique.
"Énergie" pouvait être considéré comme une sorte de mot magique. Un véritable initié ne pouvait s'abstenir de le glisser dans, au moins, une de ses phrases sur deux. Marc n'avait pas l'impression que JM aurait pu en définir le sens mieux que lui, mais il fallait reconnaître que ça en imposait. Il s'était soumis sans difficulté à ce nouveau rite.

 

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   de michelanvers le 15/8/2009 à 11:05:50

 
Bonjour,
Pour vous inciter à visiter le blog sur lequel je publie, sous forme de feuilleton, la première partie du roman "Epousailles", en voici, ci-dessous, le huitième épisode.
"Epousailles" est le récit romancé de ma propre "aventure intérieure". Pour être informés par mail de la publication de chaque nouvel épisode, abonnez-vous à la "newsletter", sur le blog.
Bonne lecture et merci de votre prochaine visite sur :
epousailles.over-blog.com

"Épousailles", roman initiatique, 8ème épisode.

Par ailleurs, sur la voie de l'élévation spirituelle, les nouveaux venus devaient tenir compte de l'existence de structures, à la fois très strictes, "énergétiquement" parlant, et très évolutives. JM signifiait par là que chaque novice s'introduisait de lui-même, par son choix d'entrer dans la Voie, dans une sorte de hiérarchie subtile. Il y pénétrait par sa base, mais possédait les complètes liberté et capacité, pour ne pas dire la vocation de s'y élever, au travers des épreuves initiatiques que la Vie ne manquerait pas de placer sur son chemin.
Concrètement, JM ayant en quelque sorte parrainé Marc et Jeanne, ceux-ci resteraient liés à lui, jusqu'à ce qu'un jour ils s'en affranchissent, en atteignant ou dépassant son propre niveau de conscience.
Ceci ne devait pas, bien évidemment, s'entendre sur un plan banal, mais subtil. Au niveau des énergies, pour être plus clair. JM n'aurait aucun pouvoir sur eux, mais, dans leur propre intérêt, ils devraient tenir compte de son existence. Ce n'était pas sans raison que la Vie l'avait mis lui, JM, et personne d'autre, sur leur chemin. Leurs énergies et la sienne se complétaient, pour un temps, et vouloir ignorer cet état de faits ne pouvait que compromettre, ou tout au moins ralentir leur élévation.
Plus concrètement encore, l'espèce de mission que l'Univers leur assignait, consistait en le recrutement de nouveaux adeptes. JM appartenait à une communauté de sept individus. Sept étant le nombre de la totalité - Marc s'était bien gardé de demander la moindre explication sur ce point -, sa communauté était ainsi au complet. C'était donc une nouvelle entité, que Marc et Jeanne avaient à réunir. Le rôle de JM se limiterait à la supervision des opérations.
Lorsque cette communauté aurait stabilisé son fonctionnement énergétique et établi en son sein une "hiérarchie fonctionnelle", JM s'effacerait. La communauté fonctionnerait de manière autonome. Elle serait alors directement reliée à une entité subtile, dans le cosmos. Car les extra-terrestres, s'ils avaient une existence concrète, constituaient avant tout l'apparence "corporalisée" de ces espèces de super consciences, que la réunion de sept consciences humaines, sur la voie de l'éveil, cristallisait, sur un plan d'énergie très élevée.
C'est de cette manière, par créations successives de communautés autonomes, que l'Ère Nouvelle s'établirait progressivement sur Terre.
Quant à la méthode de travail de chaque communauté – travail énergétique, bien entendu -, elle était basée sur la pratique de la méditation collective dirigée. JM se faisait fort d'y initier Marc et Jeanne, puis toute leur communauté, lorsqu'elle serait réunie.

Marc ne doutait pas du recrutement rapide des cinq compagnons qui leur manquaient. Depuis la fameuse fête New-Age, il lui semblait que personne ne pourrait plus lui résister. Le parfait naturel dont il avait fait preuve face à Jeanne, ce soir-là, l'avait enthousiasmé lui-même.
Marc, le silencieux introverti, s'était instantanément transformé en un Marc sûr de lui, débarrassé de toute émotivité paralysante. Il lui avait suffi, pour cela, de suivre scrupuleusement les conseils de JM : prendre très au sérieux ses propres intuitions et les exprimer. En outre, Marc s'était efforcé de soigneusement placer sa voix, de manière à laisser planer la dose adéquate de mystère, dans ses propos. Propos dont il s'était demandé où il pouvait bien être allé les chercher !
Marc n'était toutefois pas totalement dupe. Il voyait bien la part d'imposture, dans les discours et les théories qu'il était sur le point d'épouser. L'euphorie qui s'était emparée de lui, face au regard attentif, presque admiratif, dont Jeanne l'avait gratifié, résultait bel et bien, en partie au moins, de la satisfaction que le premier être humain venu pouvait trouver, à prendre pouvoir sur un autre. Et l'évolution spirituelle n'avait vraisemblablement pas grand-chose à voir avec ça.
Par contre, la découverte de l'efficience de sa propre capacité intuitive le touchait de manière beaucoup plus personnelle, intérieure.
Depuis l'enfance, il avait constaté qu'il lui arrivait d'être saisi par de vagues impressions, en observant certaines personnes. Comme s'il avait su quels sentiments s'agitaient en elles, quelles motivations plus ou moins conscientes étaient à l'origine de leur manière de se tenir, de s'adresser aux autres, de rire, d'aborder le monde. Une espèce de connaissance psychologique immédiate, dont il s'était gardé de faire étalage.
Là résidait la raison profonde de l'intérêt qu'il avait ressenti pour JM et sa bande. Dès leur premier échange, c'était de ça que JM lui avait parlé. Il lui avait même affirmé que cette capacité, dont Marc n'avait su que faire jusqu'à ce jour, pouvait devenir le principe essentiel d'une nouvelle manière d'aborder son existence. Et la vie lui paraissait, jusque là, tellement absurde, vide et ennuyeuse, que ç'avait été comme une révélation.
Grâce aux paroles de JM, Marc s'était réconcilié instantanément avec une part de lui qu'il avait trop longtemps négligée, une particularité qu'il n'avait pas, jusqu'ici, eu le courage d'assumer, une différence qu'il pensait être à l'origine de son isolement, de sa complète solitude, et qui pouvait devenir la source de succès relationnels inespérés.
Marc avait eu l'impression de sortir d'un long sommeil, d'être en mesure de commencer enfin sa vraie vie. En Jeanne, il avait lu comme en un livre ouvert ! En quelques questions, il l'avait poussée à avouer sa fragilité, sa timidité, bien cachées derrière d'apparents comportements assurés.
Elle avait aimé sentir qu'il la comprenait ainsi. Elle s'était confiée à cet inconnu, comme s'ils avaient été intimes depuis longtemps. Il avait même décelé en elle des choses qu'elle n'aurait pas soupçonnées, avant leur conversation, comme ce besoin d'indépendance refoulé, dont il avait parlé.
Et quand Marc lui avait proposé de tenter l'aventure communautaire, elle s'était senti pousser des ailes. Elle ne savait pas comment ses sentiments pour lui allaient évoluer, mais elle sentait qu'un tournant de sa vie se profilait. Elle avait eu très envie de se laisser séduire.

 

En cette époque d`effondrement des approches dogmatiques, de multiples `voies de sagesse` apparaissent. m.anvers présente, sous forme de roman, celle que la vie a déroulée sous ses pas. voir son blog.
 

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Forum Roman Michel Anvers [anonyme]
   de Michel Anvers [anonyme] le 3/9/2009 à 10:45:39

 
Bonjour,
Pour vous inciter à visiter le blog sur lequel je publie, sous forme de feuilleton, la première partie du roman "Epousailles", en voici, ci-dessous, le neuvième épisode.
"Epousailles" est le récit romancé de ma propre "aventure intérieure". Pour être informés par mail de la publication de chaque nouvel épisode, abonnez-vous à la "newsletter", sur le blog.
Bonne lecture et merci de votre prochaine visite sur :
epousailles.over-blog.com

"Épousailles", roman initiatique, 9ème épisode.


Les parents de Marc venaient d'hériter une maison, d'une tante qu'il avait à peine connue, dans le centre de la ville. Lorsqu'il leur avait demandé l'autorisation de s'y installer pour les week-ends, et d'y recevoir des amis, son père avait un peu tiqué. Le bac était en vue, et il avait payé pour savoir les difficultés qu'un échec pouvait entraîner. Mais Marc avait toujours fait preuve de sérieux. Trop, peut-être même. Et depuis qu'il fricotait avec cette Jeanne – une bonne famille, soit dit en passant - il semblait plus éveillé. Il avait si souvent dû se mettre en colère contre Marc, au sujet du peu d'enthousiasme dont il faisait preuve, du temps qu'il passait à flâner indolemment, alors qu'à son âge, tant d'activités passionnantes l'appelaient !
Il avait donc posé un certain nombre de conditions routinières (pas de drogue, pas d'alcool, pas de tabac, les éventuelles dégradations nécessiteraient réparation, etc.) avant d'accepter. Après tout, la maison en question était dans un tel état qu'il n'avait pas grand-chose à craindre.
Les opérations de recrutement avaient alors pu débuter. Jeanne, dont le cercle de relations semblait illimité à Marc le solitaire, s'occupait du rabattage. Chaque week-end, elle conviait deux ou trois de ses connaissances à partager une soirée avec Marc et elle-même, dans la Vieille Maison, ainsi qu'ils l'avaient baptisée.
Elle savait choisir celles et ceux dont une certaine délicatesse d'esprit l'assurait qu'ils entreraient volontiers dans le jeu. Elle proposait au groupe l'une ou l'autre des activités d'expression artistique qu'elle avait elle-même eu l'occasion d'expérimenter, dans différents stages de théâtre. Chacun s'y adonnait avec plaisir. Marc lui-même se découvrait plus spontané qu'il n'aurait cru.
Lorsque le temps le permettait, et que l'un des participants disposait d'un véhicule, ils se rendaient, à la nuit tombée, sur un plateau proche de la ville, qu'ils avaient baptisé "Mer de la Tranquillité". C'était un espace illimité, désert et parfaitement silencieux, couvert d'une végétation rase, et parsemé d'anciennes fermes. Leurs propriétaires, découragés par la sécheresse des lieux, les avaient abandonnées quelques décennies auparavant, et la plupart tombaient en ruines.
Marc et Jeanne en avaient découvert quelques unes, dont les cours intérieures, encore accessibles, pouvaient tenir lieu de scènes. C'est dans ce décor romantique que leur relation s'était d'ailleurs concrétisée, le soir de leur premier repérage. Il s'étaient engagés à entrer ensemble dans l'aventure de l'Ère Nouvelle, certains, l'un comme l'autre, d'y avoir découvert leur voie, certains que c'était dans ce but suprême que la Vie les avait conduits l'un vers l'autre.
Les jeux créatifs de Jeanne avaient pour effet de souder le petit groupe. A leur issue, lorsque le silence revenait, Marc prenait le relais. Il proposait à ses compagnons de se réunir en cercle et de méditer, les mains reliées, pour que chacun sente, dans le silence, l'énergie du groupe.
Marc apprenait vite : JM n'avait pas même eu besoin de participer une seule fois à leurs méditations. Ses simples explications avaient suffi, tant la démarche avait paru naturelle à Marc.
Après quelques minutes de silence, Marc prenait doucement la parole, et exprimait ce qu'il ressentait au sujet de chacun des participants, et de l'état énergétique général du groupe. Alors, quelque chose se passait, qu'ils auraient eu grand mal à expliquer. Chacun avait la sensation de trouver sa juste place, dans le cercle qui semblait se resserrer. Les distances s'abolissaient, pour un temps. Ils ne faisaient plus qu'un.
Les tensions de chacun s'évanouissaient également, et ceux des participants qui ressentaient cet état de bien-être dans toute son intensité, n'avaient plus pour espoir que d'y goûter à nouveau. D'eux-mêmes, ils revenaient à la soirée suivante, et les plus fervents adhéraient enfin, formellement, à la communauté.
Marc jouissait d'autant plus de cette sensation de fusion collective, qu'il s'en trouvait à l'origine. La puissance de ce sentiment le transportait. Il se sentait parfois comme submergé par une vague de plénitude, quasi extatique. Il n'aurait su dire pourquoi, dans ces moments-là, il avait la sensation que son passé ne pouvait plus influer sur son présent. Il lui semblait que tout était dit, que toutes les souffrances et les frustrations de son enfance étaient effacées. C'était comme si son histoire avait pris fin là, ne laissant aucune trace. Une éternité de sérénité, de plaisir et de joie véritable allait débuter. Un monde dont tout danger était exclu s'ouvrait à lui.
Le folklore New Age l'attirait beaucoup moins, dans le fond, que l'opportunité de vivre des instants d'une telle intensité. Tout au plus, pouvait-il représenter le prix à payer pour entrer dans un monde réellement autre. Et dans son esprit, ses compagnons voyaient forcément les choses sous ce même angle. La suite de l'aventure allait démontrer que tout n'était pas aussi simple...
 

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Forum Roman Michel Anvers [anonyme]
   de Michel Anvers [anonyme] le 6/10/2009 à 9:46:49

 
Bonjour,
L'intégralité de la première partie de "Epousailles" (31 épisodes) est désormais en ligne sur epousailles.over-blog.com
Bonne lecture et bonne visite de mon blog.

"Épousailles", roman initiatique, 10ème épisode.

Leur communauté avait rapidement, à son tour, affiché complet. Ils étaient donc sept à partager les 60m² de la Vieille Maison, qu'ils avaient décorée de tissus chatoyants. La maison était composée d'un nombre de pièces suffisant pour que chacun puisse disposer de son minuscule domaine. Chaque "colocataire" avait désormais la possibilité de proposer aux autres des activités créatrices, selon ses compétences ou ses envies.
Comme prévu, JM venait régulièrement leur rendre visite. Pour superviser. Mais également pour enseigner à leur communauté naissante quelques règles d'or. L'une d'entre elles concernait les rapports entre les filles et les garçons. JM avait semblé préoccupé par la relation privilégiée que Marc et Jeanne entretenaient. Il les avait convoqués, un soir, pour une indispensable mise au point.
Assis en tailleur sur le sol, ils avaient dû subir un veritable cours sur "la dépendance affective". D'après JM, il s'agissait de l'un des plus graves dangers qui pouvaient menacer la sérénité des individus, comme de l'ensemble d'une communauté. Fatalement, l'existence d'un ou de plusieurs couples établis, au sein du groupe, entraverait, un jour ou l'autre, la bonne circulation énergétique.
En effet, les séances de méditation transportaient les adeptes dans des plans de conscience si subtils, que tout élément issu de plans de plus forte densité devait être rigoureusement éliminé. Or, la jalousie, sentiment d'une vulgarité sans nom, ne manquerait pas de tenter d'infiltrer et d'avilir leurs relations.
L'épanouissement de la super conscience du groupe dépendait essentiellement de la capacité de chacun de ses membres à nouer, avec chacun des autres, une relation intime. Ce qui impliquait, par voie de conséquence, qu'aucune relation ne devait être privilégiée.
Les méditations collectives montreraient, d'ailleurs, rapidement leurs limites, si elles n'étaient complétées par d'autres séances, réunissant deux par deux les individus, dans une relation libérée de toute contrainte morale.
C'était un fait, les discours de JM avaient toujours un aspect très soporifique. Pourtant, Marc avait écouté celui-là avec une attention particulière.
Leur jeune communauté se composait, en effet, de deux garçons et cinq filles. Marc n'y était pour rien : c'était Jeanne qui lui avait présenté les unes, comme l'autre.
D'autre part, et bien que JM ne l'ait pas exprimé en des termes aussi explicites, l'un des corollaires de sa démonstration magistrale spécifiait qu'il disposerait, lui-même, d'une sorte de droit, sur Jeanne, comme sur les autres filles du groupe –si Marc avait bien compris. JM n'était pas partie intégrante de la communauté, mais son énergie la nourrissait encore largement, ne cessait-il de répéter, et son parrainage ne pouvait être entièrement gratuit, sous-entendait-il tout aussi clairement.
D'un côté, ça avait choqué Marc. Son histoire avec Jeanne débutait seulement. Il en avait si longtemps rêvé, qu'il n'envisageait absolument pas d'y mettre un terme aussi brutalement. D'un autre côté, il y avait la présence de ces quelques jolies filles. Il n'aurait pas dû s'en sentir affecté. C'était pourtant le cas.
De plus ce que JM avait décrit, il l'avait effectivement ressenti au cours des séances de méditation. Au sein de cette espèce d'unité fusionnelle, qu'il leur arrivait d'expérimenter, Jeanne ne jouait plus, pour lui, pour un temps, de rôle privilégié. Il lui semblait alors que chacun et chacune des autres membres du groupe, était aussi proche de lui que Jeanne. Et l'élan de compassion et d'amour, qui le saisissait alors, se dirigeait vers chacun et chacune, de manière égale.
Peut-être était-ce effectivement sa manière de concevoir les relations garçons-filles, qui devait évoluer. Peut-être un être humain éveillé devait-il abandonner toute attache, et se donner à chaque relation sans aucun tabou. C'était l'une des choses qu'il avait d'ailleurs cru comprendre, au cours d'une de ses rares discussions avec les amis de JM qu'il avait rencontrés. Sur le coup, dans l'ivresse de la naissance de sa relation avec Jeanne, il ne s'était pas senti concerné. Aujourd'hui, c'était autre chose.
Enfin –mais ses réflexions sur cet aspect des choses ne se développaient que de manière semi consciente- les paroles de JM, au sujet de la jalousie, l'avaient profondément effrayé. Se défaire de la jalousie ne lui paraissait pas, en effet, aussi simple que ça. Il n'était pas certain, dans son cas personnel, qu'il lui suffirait de le décider. Comment Jeanne elle-même avait-elle reçu ce discours ? Comment envisageait-elle la suite de sa relation avec JM ? Quels étaient ses sentiments à l'égard de celui-ci ? Ils n'en avaient pas beaucoup parlé, mais elle était restée assez évasive, à ce sujet. Comment réagirait-il, lui, Marc, s'il s'avérait que Jeanne ne restait pas insensible au charme improbable de JM ? Si Jeanne se révélait particulièrement perméable à l'enseignement de leur embarrassant parrain ?
La solution la moins douloureuse ne consistait-elle pas à prendre les devants ? D'autant que, désormais, il arrivait que l'une ou l'autre de ses "colocataires" vienne passer un moment, un soir de semaine, à la Vieille Maison, "pour se recentrer", comme ils disaient, après une journée d'immersion dans le bas monde.
Marc avait tout à coup senti la nécessité, pour lui-même, de se recentrer plus régulièrement…
 

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Forum Roman michelanvers
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   de michelanvers le 25/10/2009 à 13:35:29

 
Bonjour,
L'intégralité de la première partie de "Epousailles" (31 épisodes) est désormais en ligne sur epousailles.over-blog.com
Bonne lecture et bonne visite de mon blog.

"Épousailles", roman initiatique, 11ème épisode.

Marc s'était réveillé en sursaut. Il lui avait fallu plusieurs secondes avant de comprendre où il se trouvait – dans la Vieille Maison, sur son matelas posé à même le sol, dans sa "cellule" aux murs recouverts de tissu de couleur pourpre. Ce n'était donc qu'un cauchemar !
Marc s'était senti très mal à l'aise. Il lui avait semblé qu'il en avait saisi le sens général, tout en rêvant, et celui-ci ne lui convenait pas du tout.
Les choses s'étaient compliquées, depuis quelques temps. Les relations entre les membres de la communauté n'étaient plus aussi fluides, loin s'en fallait. Rien de bien sérieux, avait affirmé JM, seulement quelques mises au point nécessaires. Mais Marc était demeuré sans réaction. Des "éléments de plans énergétiques très denses" s'étaient glissés dans leur monde éthéré. Et Marc n'avait pas trouvé le moyen de les éradiquer, de les tuer dans l'œuf.
Harmoniser les niveaux de conscience des uns et des autres, au cours d'une séance de méditation collective, lui semblait un jeu d'enfant. Renouer le dialogue entre deux filles prêtes à se sauter à la gorge, toutes griffes dehors, c'était une autre affaire ! Il n'avait pas l'expérience de ce genre de situations, pourtant courantes dans la vie "du plan énergétique le plus banal". Un doute l'avait assailli : pouvait-on réellement vivre dans le Ciel, avant d'avoir appris à se débrouiller sur cette bonne vieille Terre ? Ce rêve n'avait fait qu'ajouter des motifs à son inquiétude.
Il s'agissait d'une religieuse. Le rêve débutait alors qu'elle s'enfuyait de son couvent, par une fenêtre, pour partir à l'assaut d'un mont. Durant toute son ascension, dans les lacets d'un sentier, il entendait une voix, dont il n'avait conservé que le timbre, au réveil, bien qu'il lui ait semblé, dans le rêve même, en avoir parfaitement assimilé les paroles. La voix restait en suspens, sur un dernier avertissement, au moment où la religieuse, parvenant à toute vitesse au sommet du mont, basculait dans le vide, dans un silence terrifiant, semblant entraîner le rêveur dans une chute vertigineuse qui l'avait réveillé en sueur.
Le sens des mots prononcés par la voix manquait, mais l'interprétation semblait évidente. Il allait trop vite. Il était trop pressé d'atteindre le Ciel, et la conséquence de sa hâte consisterait en un retour brutal dans le monde d'en bas. Les problèmes qu'il sentait poindre n'appartenaient d'ailleurs pas à un plan très subtil.
Sa vie sexuelle s'était partagée, depuis l'intervention de JM, entre trois des cinq filles du groupe, dont Jeanne. Les deux dernières étant restées de marbre. Il ne souhaitait pas savoir ce qui se passait pour chacune, hors de sa présence. Ni connaître l'évolution des relations entre Jeanne et JM. Il considérait comme acquis que la liberté de chacun était admise par tous – par Jeanne en particulier - et qu'aucun malentendu ne pouvait survenir à ce sujet. Il n'avait pas jugé indispensable de mettre publiquement les choses au point. Il se demandait maintenant s'il n'aurait pas dû !
Jeanne n'avait pas semblé apprécier les sourires entendus que l'une des deux autres filles avait lancés à Marc, un samedi, alors que celle-ci avait passé la soirée précédente seule avec lui, dans la Vieille Maison. A tel point que Marc s'était demandé, à ce moment-là, si Jeanne avait réellement tiré les mêmes conclusions que lui du discours de JM. Et si ça n'était pas le cas, il s'était douté qu'il avait du souci à se faire !
La chute n'avait effectivement pas tardé ! Le rêve l'avait présentée comme une sorte de fatalité, sans donner d'indication permettant de s'y soustraire. Marc n'avait rien pu tenter pour l'éviter. Le pouvoir qu'il exerçait sur ses camarades s'était soudain retourné contre lui.
Chacune des trois filles semblait tout à coup s'être mis en tête de le posséder pour elle seule. Il était devenu l'objet d'une compétition farouche, et il avait rapidement perdu toute son assurance, devant cette situation imprévue, que sa vision idyllique des choses ne lui avait pas permis d'envisager. Même le seul autre garçon du groupe, jusqu'alors parfaitement soumis, l'avait lâché. Il s'était soudain posé comme concurrent inattendu de Marc, revendiquant la place de mâle dominant, suggérant ainsi qu'elle était vacante. Marc avait dû se rendre à l'évidence : dans leur cocon, se rejouaient les mêmes conflits sordides que dans le monde extérieur.
Les deux marginales du groupe avaient été les premières à quitter le navire, avant le naufrage. Ensemble. Parmi les cinq rescapés, il n'avait alors plus été question de méditation. Marc avait proposé d'en remplacer provisoirement les séances par des réunions de conciliation. Mais celles-ci avaient systématiquement tourné à la foire d'empoigne. Les règlements de compte s'étaient succédés, jusqu'à ce qu'un soir, en désespoir de cause et la mort dans l'âme, Marc se résigne à proposer la dissolution pure et simple de la communauté.
L'année scolaire était terminée. Par miracle, Marc avait obtenu son bac. Jeanne aussi, bien évidemment. Le père de Marc était parvenu à trouver des locataires pour la Vieille Maison. C'était inespéré ! Ils s'installeraient en septembre. En septembre, une nouvelle vie commencerait pour chacun d'entre eux. Ailleurs. Dans la ville universitaire la plus proche, en ce qui concernait Marc et Jeanne.
JM était présent ce soir-là, mais lorsqu'il avait tenté de prendre la parole, Jeanne ne l'avait pas même laissé terminer sa première phrase. Elle l'avait purement et simplement mis à la porte ! Brutalement ! Marc avait alors découvert une Jeanne insoupçonnée, violente, proche même, à certains moments, de la pire vulgarité. Jusqu'au ton de sa voix, qu'il n'avait pas reconnu.
Jeanne avait jeté au visage de JM ses beaux discours, son irresponsabilité, son incommensurable vanité, son incapacité maladive à exprimer le moindre sentiment… et sa dégoûtante perversité !
Marc avait cru comprendre, à cet instant-là, que certains évènements lui avaient échappé ! La fureur qui s'était exprimée, dans le regard dont Jeanne avait fusillé JM, l'avait incité à subodorer que ce garçon n'était décidément pas aussi net qu'il l'avait supposé. Que s'était-il réellement passé, ces derniers temps, entre JM, Jeanne et les deux autres filles – qui semblaient parfaitement solidaires de leur concurrente, pour le coup ? La naïveté dont il pouvait parfois faire preuve avait subitement affligé Marc.

 

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Forum Roman michelanvers
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   de michelanvers le 7/12/2009 à 15:58:16

 
Bonjour,
L'intégralité de la première partie de "Epousailles" (31 épisodes) est désormais en ligne sur epousailles.over-blog.com
Bonne lecture et bonne visite de mon blog.

"Épousailles", roman initiatique, 11ème épisode.


"Épousailles", roman initiatique, 12ème épisode.

La superficialité de l'engagement de chacun, et celle de JM, en premier lieu, venait de se révéler à lui. L'idéal, qu'ils étaient censés poursuivre, n'avait permis que de maintenir les conflits latents dans une espèce d'état larvaire. Ils venaient d'éclater au grand jour ! Tout l'espoir que Marc avait placé en l'avènement de cette prétendue Ère Nouvelle, synonyme de liberté et d'amour universel, d'abandon des modes relationnels qui avaient engendré la violence du monde ancien, tout cela s'était effondré. Seule demeurait une sordide affaire de fesses !
Pourquoi le sentiment d'union, de fusion même, qui s'épanouissait en séance de méditation collective, n'avait-il pas suffi à les préserver d'une telle chute ? Comment pouvaient-ils se déchirer pour des sujets aussi vils, après avoir connu ça ?
Marc était demeuré persuadé d'avoir fait là l'expérience d'un accomplissement essentiel, d'avoir touché à un état de satisfaction dont il ne pourrait plus, durablement, se passer. Le besoin de fusion, il le portait en lui depuis toujours, confusément, sans jamais avoir pu le combler. Il en avait pris conscience pendant ces séances. Il avait même connu des instants d'une telle intensité extatique que rien, absolument rien d'autre, ne semblait pouvoir prendre la moindre importance, comparé à cette parfaite plénitude.
Le rêve de la religieuse ne remettait pas en cause l'existence du sommet de la montagne, mais le fait de se précipiter à sa conquête. C'était comme avoir entrevu fugacement l'issue du chemin, avant d'être ramené à son origine, sans avoir la moindre idée de la direction à prendre pour ré-atteindre cet Éden.
Manifestement, c'était sur le plan relationnel le plus commun, que Marc manquait cruellement d'expérience. Il n'avait pas su anticiper les conséquences de ses propres décisions à ce niveau-là. Il n'avait pas su cerner la véritable personnalité de JM. Il n'avait pas compris les attentes de Jeanne. Il n'avait pas pris la mesure de la profondeur de son engagement dans leur relation. Il venait seulement de découvrir qu'elle pouvait se montrer sous d'autres traits que ceux de la divine princesse de ses rêves. Il s'était comporté un peu comme un papillon, au pays des éléphants. Et son propre côté éléphant demeurait pour lui une énigme car, à vrai dire, il ne se sentait pas d'une innocence immaculée !
A quoi lui avait servi sa fameuse intuition psychologique ? A guider ses compagnons vers cet état fusionnel, oui ! Mais il ne s'agissait que d'une vision partielle des choses, malheureusement, et tout son travail, tout son cheminement consisterait désormais, à en croire l'enseignement du rêve comme celui de l'aventure qui se terminait, à ouvrir son champ de conscience à des éléments beaucoup moins subtils, beaucoup plus terre à terre. Il se doutait bien qu'il savourait là les dernières miettes de son pain blanc.

4

Comme JM refermait derrière lui la porte de la Vieille Maison, Marc avait compris qu'il ne le reverrait plus. Tout lien avec le mouvement New Age avait également cessé, à cet instant précis.
Sur sa lancée, Jeanne avait également jeté ses quatre vérités au visage de Marc, et à ceux des deux filles. L'une d'entre elles ayant esquissé un geste de désaccord, c'est d'une gifle cinglante que Jeanne lui avait clos le bec.
Elle n'avait pas même répliqué. Une fois l'effet de surprise passé, elle s'était levée et avait suivi le même chemin que JM quelques minutes auparavant, la dernière fille lui emboîtant prudemment le pas. Dans l'escalier, Marc les avait entendues parler avec le second garçon de feue leur communauté, qui, comme à son habitude, arrivait après la bataille. Il ne s'était même pas donné la peine de venir leur faire ses adieux. La porte d'entrée avait claqué dans leur dos. C'était terminé !
Marc avait assisté à la scène sans parvenir à dire un seul mot. Il avait été complètement dépassé par les évènements.
Jeanne s'était alors effondrée, le visage enfoui dans ses bras croisés, secouée de longs sanglots. Jamais Marc ne s'était senti aussi fortement coupable. Il n'avait pas souhaité cela. Il s'était comporté comme le dernier des égoïstes, le dernier des irresponsables. Il se sentait tout à fait démuni, devant le chagrin bouleversant de Jeanne. Que n'aurait-il fait pour se faire pardonner – et pour que Jeanne cesse enfin de gémir ainsi ?
Il s'était approché d'elle. Mais lorsqu'il avait posé ses doigts sur ses cheveux, elle avait hurlé de plus belle, lui lançant un regard effrayant de fureur, lui ordonnant de s'éloigner, de partir, de la laisser seule. Elle ne voulait plus le voir. Il était comme les autres. Pire que le pire d'entre eux.
Marc s'était réfugié dans la pièce voisine. Il ne savait plus rien… sauf qu'il ne pouvait pas partir : c'est lui qui avait la clé de la Vieille Maison, et son père lui avait bien recommandé de… tout s'embrouillait ! Les choses importantes se mêlaient aux futilités. Il se sentait incapable de discerner ses propres sentiments, dans un tel fatras, hormis sa terrible culpabilité. Elle seule lui commandait de rester auprès de Jeanne, de tenter encore de recoller les morceaux.
En avait-il réellement eu l'envie ? Aujourd'hui encore, assis sur sa terrasse, absorbé par ses souvenirs, Marc n'aurait su le dire.
Il avait toutefois passé la nuit à essayer de réfléchir. Plusieurs fois, ses yeux s'étaient fermés, le sommeil avait été prêt de l'emporter, mais, chaque fois, un sursaut de panique l'avait brutalement réveillé. Quelque chose comme la crainte de revivre la chute vertigineuse, annoncée par le rêve de la religieuse.
A l'aube, il avait fini par céder à la somnolence. C'est dans cet état de semi-conscience que les choses s'étaient éclaircies. Son besoin de fusion s'était manifesté, à ce moment-là, de manière particulièrement aiguë. Il pensait même, au réveil, avoir revécu des sensations venues tout droit de sa plus tendre enfance. Des sensations de manque, de vide, de solitude irrémédiable.

 

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