Ecran environnemental  [?]
Ecriture

Messages dans le forum de la catégorie :
Ecriture


Partager :

 

 
Forum Ecriture   Forum Ecriture
  CONNEXION
Nom d'utilisateur: Mot de passe: Se connecter automatiquement à chaque visite
Inscrivez-vous !
 
Forum Ecriture   Forum Ecriture
En discuter ? Donner votre avis ? Inscrivez-vous gratuitement !
 
Forum Ecriture
 
Forum Ecriture
 
BIG-forum.fr > Ecriture et similaires > Ecriture > Ici internet, les rêveurs s'adressent aux rêveurs.
 

0.0 (0 votes)

  • Currently 0.00/4
Forum Ecriture tchoucky
     1 messages
     Inscrit le 18/9/2009
 

Ici internet, les rêveurs s'adressent aux rêveurs.
   de tchoucky le 18/9/2009 à 18:24:33

 
Bonjour,


J'espère, par la démarche que je m'apprête à faire, ne transgresser aucune des règles du forum, mais je me permets cette audace forte de l'exemple de Michel Anver, dans la catégorie Roman de ce forum,dont le sujet, visiblement ancien, n'a pas été supprimé, ni verrouillé, et dont on est en droit de penser qu'il n'offense personne (j'aime beaucoup votre roman, Michel, à l'occasion, j'irai sans doute sur votre blog pour en faire un commentaire).

Je vais donc, suivant son exemple, vous livrer un conte pour enfant écrit par moi, dans l'espoir de vous inciter à visiter le site où je l'ai publié, avec quelques autres histoires écrites par des jeunes écrivains amateurs, pour des jeunes lecteurs internautes. Bonne lecture, en espérant vous revoir bientôt sur http://ecrituresplurielles.wifeo.com



Myriane et le collier de corail.


par Tchoucky, mars avril 2004



C'était une ville blanche de bord de mer, dont le nom a disparu des mémoires. Elle n'avait plus ni roi ni reine depuis que ses souverains avaient péri dans un naufrage. Seule était resté la petite princesse, une enfant aux cheveux sombres et aux yeux clairs, qui se prénommait Myriane. Son oncle, le régent, gouvernait sur la ville en attendant que Myriane soit en âge de le faire. Il veillait à lui donner l'éducation qui ferait d'elle la meilleure des reines.

Ainsi, depuis son enfance, la vie de la princesse n'était que contraintes et devoirs. Ses matinées passaient en leçons, ses après-midis, elle devait écouter les doléances de son peuple, assise sur un trône au coté de son oncle.

Elle ne riait jamais, ne pleurait jamais, passait ses journées à imprégner son jeune esprit de savoirs millénaires. Elle étudiait avec patience, ses professeurs étaient content d'elle. Elle était sage polie, intelligente. Seule la petite servante qui dormait dans sa chambre savait qu'à la nuit tombée, longtemps après qu'on ait éteint les chandelles, Myriane pleurait longuement en silence.

Dans trois jours, elle aurait quinze ans. L'âge où elle pourrait régner, selon la loi.

_ Princesse, lui dit ce soir-là sa petite servante. Vous dépérissez. Sortez du palais et allez respirer l'air de la mer.

_ Sortir, soupira la princesse avec indifférence, tu sais bien que je n'ai pas le droit de sortir.

_ Qui le saura ? Regardez, j'ai volé la clé des cuisine. Avec cette tunique de toile, personne ne vous reconnaîtra. Demain matin, avant l'aube, partez faire un tour sur la plage, cela vous aidera. Je veillerai à ce que personne n'entre dans votre chambre tant que vous n'y serez pas revenue.

Myriane se laissa convaincre. Le lendemain elle se leva bien avant l'aube et traversa la ville endormie jusqu'à atteindre la mer. Arrivée à une crique isolée, elle s'assit sur le sable fin. Le vent du large lui fouetta le visage. La petite servante ne lui avait pas mentit, elle se sentait déjà mieux.

Elle resta assise là à regarder le large, le soleil qui se levait et la couleur indéfinissable de l'eau qui virait peu à peu au bleu profond.

Un voeu lui vint malgré elle. " Si je pouvais me fondre dans ce bleu, m'y oublier, m'y endormir et être libre, enfin."

Mais ce désir ne lui était pas plutôt venu qu'une profonde amertume l'envahissait. " Dans trois jours, je serai reine, rien ne peut l'empêcher. A quoi bon rêver de liberté ? "

Elle se leva et revint sur ses pas. Un beau et grand voilier blanc venait d'arriver dans le part et les matelots étaient encore affairés à la manoeuvre d'amarrage. Mais le coeur de Myriane était si lourd qu'elle ne le remarqua même pas. D'ailleurs, aucun des matelots ne la vit.

Elle remonta au palais et une nouvelle journée commença, une journée de leçons et d'audiences semblable à toutes les autres journées.

_ Tu avais raison, confia-t-elle le soir à sa petite servante. J'ai besoin de respirer l'océan. J'y retournerai, demain.

Le lendemain elle enfila la tunique de toile et sortit du palais alors qu'il faisait encore nuit. Elle descendit les rues désertes jusqu'au port et pris la direction de la plage.

Or, alors qu'elle longeait les rochers, elle aperçut un mouvement dans les filets que les pêcheurs avaient laissé flotter dans la mer pour attraper les poissons. Curieuse, elle s'approcha pour voir et n'en cru pas ses yeux. Une superbe et étrange créature s'était prise dans les filets et ne parvenait pas à s'en dépêtrer. Elle avait le corps, les bras, le visage d'une jeune fille., mais la beauté d'une inhumaine et son corps se terminait par une queue de poisson.

Myriane bondit sur les rochers et des deux mains souleva les filets pour la libérer.

_ Je sais ce qu'est la prison. Tu y dépérirais. Hât- toi de partir avant que les pêcheurs ne te découvrent.

La sirène la remercia sans un mot car les sirènes ne parlent pas et plongea entre deux vagues.

En courant, Myriane rejoint la crique où elle s'était assise la veille. Elle respira à nouveau le vent du large et sourit à l'océan et aux merveilles qu'il abritait.

Elle ferma les yeux un instant. Quand elle les rouvrit la sirène avait reparut. En souriant elle lui tendait quelque chose des deux mains. Myriane avança dans l'eau jusqu'au mollet et rejoint la jeune fille de la mer. Elle vit ce qui lui était offert, un petit collier de corail rouge.

_ Merci, dit la princesse en le prenant.

La sirène porta les mains à son coup. Myriane fit ce qu'on lui demandait et agrafa le collier à sa gorge. Aussitôt, la sirène la saisit par le bras et l'entraîna avec elle au fond de l'océan.

Myriane pensa d'abord qu'elle allait se noyer, mais elle se rendit bientôt compte que, par la vertu du collier de corail, elle pouvait respirer l'eau comme si c'était de l'air. Elle se laissa alors entrainer, sereine.

Au fond de l'océan, d'autre sirènes les rejoinrent. Elles entourèrent Myriane et lui firent visiter leur monde d'eau, de calcaire et de phosphore. Elles lui montèrent comment elles se glissaient dans les crevasses rocailleuses en évitant de frôler les anémones de mer, qui brûlaient, comment elles dansaient ensembles avec les poissons, et leurs chants, qui chez elle remplaçaient la parole, et leur chants, et leur chants. Myriane, dont la voix alourdie par les mots humains était trop rauque pour les accompagner, les écoutait fredonner leur mélopées sans gamme ni harmonie, qui la plongeait dans la joie toute entière. Elle resta là, à les écouter, jusqu'à ce que l'eau, prenant une couleur dorée, lui indiqua qu'en surface le soleil se levait, et qu'il fallait remonter au plus vite pour la leçon du matin.

En se séchant sur la plage, elle se sentit merveilleusement bien, comme elle ne s'était jamais sentie. Elle remonta le chemin d'un coeur léger. Elle rayonnait d'une telle lumière que sur le port, les matelots du grand voilier blanc lui lancèrent de joyeux saluts. Mais son coeur était si débordant qu'elle ne le remarqua même pas.

Elle remonta au palais et une nouvelle journée commença. Jamais les leçons ne lui avait parues si pénibles, les audiences si oppressantes et la couronne si lourde à porter.

Le soir, le régent son oncle vint la trouver, et lui parla longuement. Quand il partit, Myriane pleurait. Sa petite servante ne savait pas quoi lui dire

_ Demain vous serez reine, vous déciderez vous-même de ce qui doit être.

Mais ces mots, loin de réconforter la princesse ne firent qu'accroitre son angoisse. Le lendemain, Myriane enfila sa tunique de toile et couru hors du palais jusqu'à la plage avant que le jour se lève. Elle avait passé le collier de corail à son cou.

Elle tomba à genou sur le sable et leva les bras vers l'océan.

_ Je ne veux pas être reine aujourd'hui ! S'écria-t-elle avec désespoir.

Les sirènes jaillirent de l'eau et, la prenant par le bras, l'entrainèrent au fond des abysses, jusqu'à la grande crevasse ou s'élevait le temple du dieu de la mer. Myriane y entra en nageant et s'agenouilla sur le sable blanc d'une grande salle de nacre.

_ Dieu de la mer, murmura-t-elle. Accorde-moi une queue de poisson et une voix délivrée de paroles. Je veux désormais être une de tes filles et jouer dans ton royaume de plaisir. Je ne peux plus vivre là haut.

Une voix douce, chuchotant en elle-même lui répondit.

_ Remonte à la surface et contemple une dernière fois le monde des humains. Si réellement tu veux y renoncer, reviens et je ferais de toi l'une de mes filles.

Myriane se sentit déborder de reconnaissance.

_ Mille fois merci, Dieu de la mer. Une dernière fois je vais remonter à la surface. Je regarderais ma ville et mon palais assez longtemps pour imprimer leur image dans mes yeux et sans remords aucun, je replongerai.

Elle nagea hors du temple. Là, ses amies sirènes lui prient le bras pour la conduire une dernière fois à la surface.

Hors, tandis qu'elles s'élevaient vers le ciel de vagues, elle sentit l'eau qui vibrait d'un autre élan que celui des marées. Un bruit sourd lui parvenait.

_ C'est le canon, s'écria la princesse angoissée, on se bat là-haut !

A mesure qu'elles montaient, des bruits de guerres se faisaient entendre, de plus en plus précis, et parmi eux, une voix de jeune fille qui appelait. Myriane reconnut son nom et la voix de la petite servante.

Elle se détacha des sirènes, jaillit hors de l'eau et se précipita sur la plage. La servante y errait, hagarde, en appelant. Grand parut son soulagement quand elle aperçu Myriane.

_ Princesse, j'avais si peur qu'il ne vous soit arrivé malheur.

_ Je me suis endormie dans l'eau. Que se passe-t-il ?

_ Des pirates attaques notre ville ! cinq bateaux. Le voilier blanc qui est arrivé dans notre port avant-hier est allé prêter main forte à nos canonniers. Il s'est lancé tout seul à l'attaque des flibustiers et refuse de revenir, malgré nos signaux. Les pirates continuent d'attaquer. Venez, rentrez au palais !

_ Pourquoi nous attaquent-ils ?

La petite servante ne savait pas. Myriane remonta jusqu'à palais et se rendit à la salle du conseil où se tenait son oncle et les ministres.

_ Pourquoi les pirates nous attaquent-ils ?

Nul ne le savait. Myriane demanda à voir le chef de la police.

_ Pourquoi les pirates nous attaquent-ils ?
Le chef de la police ne savait pas. La question courut sur toutes les bouches. Un garde du port se présenta.

_ Princesse, des marchants sont entrés dans le port avec dans leur cale un trésor volé aux pirates. Voilà pourquoi ils nous attaquent !

_ Qu'on le mette dans une barque et qu'on le leur rende.

Elle dit, et les marchants exécutèrent ses ordres. Il mirent dans une barque le trésor qu'ils avaient dérobé et le rendirent aux pirates. Aussitôt les cinq navires abandonnèrent le combat et firent route vers le large. Le grand voilier blanc qui les avaient combattus pour défendre la ville retourna au port.

Myriane fut acclamée par le peuple. Son oncle le régent la serra dans ses bras.

_ C'est aujourd'hui ton couronnement, mais je ne suis pas inquiet. Tu seras une grande reine.

Etourdie, Myriane porta la main à son cou et effleura le collier de corail qui y était toujours accroché.

_ Dieu de la mer, murmura-t-elle, je ne replongerai pas. Ils ont besoin de moi, ici.

Et une voix en elle lui dit.

_ Tu fais ce qui est bien.

Alors la princesse jeta au travers de la fenêtre un dernier regard à l'immensité de l'océan et, retenant des larmes amères, se tourna vers son oncle.

_ Où est le capitaine du voilier blanc ? C'est lui qu'il nous faut remercier.

Le régent ordonna qu'on aille chercher le capitaine du voilier blanc pour l'amener au palais. C'était un homme très grand et très blond. Il avait la peau tannée et les cheveux ébouriffés par le vent, mais son port était noble. Les courtisans qui se tenaient dans la salle d'audience furent surpris de voir à quel point il était jeune.

Un ministre qui s'était renseigné, souffla à l'oreille de la princesse.

_ Ce prince est le fils cadet du souverain d'un lointain pays. Son frère ainé héritera du trône, lui n'a demandé pour lui qu'un bateau et des marchandises.

Le prince sembla surpris en apercevant Myriane sur le trône, mais il s'inclina respectueusement.

_ Prince, dit Myriane, notre ville vous remercie, vous et vos hommes.

_ Ne me remerciez pas, répondit le prince, je n'aurait pu défendre votre ville si j'avais quitté le port hier, comme c'était mon intention.

_ C'est une chance pour nous. Pourquoi n'êtes-vous pas parti ?

_ Princesse, répondit le jeune homme avec détermination, j'ai vu passer devant mon bateau une jeune fille étrange. Elle était habillée comme une mendiante, mais son port était majestueux et elle avait au cou un collier de corail rouge comme n'en portent pas les reines de la terre. J'en ai été intrigué, et j'ai décidé de rester un jour de plus dans l'espoir de la revoir.

Myriane rougit, sans que personne ne comprenne pourquoi. Mais elle se reprit et dit d'une voix ordinaire.

_ Prince, si nous vous en prions, resterez-vous encore ? C'est aujourd'hui notre couronnement. Il vous revient d'être l'invité d'honneur.

_ Je resterai aussi longtemps que votre Altesse l'ordonnera.



Fin

 
Dernière édition du message le 18/9/2009 à 18:29:34.
BIG-forum.fr > Ecriture et similaires > Ecriture > Ici internet, les rêveurs s'adressent aux rêveurs.
 
Forum Ecriture   Forum Ecriture

Site 
 Article 
 Video 
 Podcast 
 Forum 
Voir les derniers messages postés


A propos
Accueil
BIG-directorio
HUGE-directory
BIG-annuaire
Info. légales
Nos services
Sites
Podcasts
Articles
Forums
BIG-forum.fr
Poster un message
Liens
Publicité de votre site
Services aux webmasters
Divers
Chercher
A visiter
Création de site (aide)
Carte de voeux
Copyright © BIG-forum.fr 2012 - Copie même partielle interdite - R.C.S.503 777 286 VERSAILLES (FR)